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Création de l'université populaire de psychanalyse Jacques Lacan










ACTUALITÉS DE LA PSYCHANALYSE D'ORIENTATION LACANIENNE ET DU CHAMP FREUDIEN


JOURNÉES DE L'ECF

PARIS 7 & 8 NOVEMBRE

 


Les Journées 38 ont lieu les 7 et 8 novembre prochains à Paris, au Palais des Congrès


JOURNAL DES JOURNÉES

N° 02

le jeudi 3 septembre 2009

JACQUES-ALAIN MILLER : Editorial

Non, ce n’est pas encore la suite que j’ai promise, sur le thème des Journées. Je suis rentré en toute hâte à Paris pour faire l’affiche - avec quelque six mois de retard sur le calendrier habituel, mais en deux heures d’agitation fiévreuse à l’atelier. C’est fait. Il sera sensible que c’est autour d’un plus-de-jouir que cette affiche a pris forme – pourquoi cacher que j’aime l’imprimé, la typographie, la mise en page, les formes voluptueuses des lettres ? J’ai utilisé pour l’affiche la grille originale que j’avais conçue pour la couverture de LNA-Le Nouvel Âne. Vous en recevrez l’épreuve par mail, avec le numéro 3 de ce Journal, sous la forme électronique dite pdf. Elle sera imprimée la semaine prochaine, et j’espère que les membres et les amis de l’Ecole s’emploieront à la mettre sur les murs des institutions où ils exercent : ce n’est pas fait pour être gardé entre nous. Dans ce numéro 2, j’ai placé, par ordre d’arrivée, les trois premières réactions que j’ai reçues à la suite du numéro 1. Je vous prie de croire que je ne les ai nullement sollicitées. Ce sont pourtant déjà autant d’interprétations du thème des Journées. La sagesse des nations dit qu’il ne faut pas aller plus vite que la musique. Je crois tout le contraire : toujours aller plus vite que la musique.

Post-scriptum. D. Miller a corrigé l’information qu’elle m’avait communiquée : ce ne sont pas huit, mais neuf salles dont nous disposerons simultanément le samedi 7 novembre, pour le premier jour des Journées. Si l’on y ajoute l’Auditorium du dimanche, il en résulte que le programme comprendra jusqu’à 120 interventions, de 15 minutes chacune (20 maximum absolu), qui mobiliseront 60 présidents, soit 180 participants actifs. Jusqu’à présent, toutes ces places sont libres, à l’exception de la première, réservée, comme il se doit, au Président de l’Ecole, F. H. Freda. Dès lundi prochain, je m’attellerai au travail de composer ce programme, à partir des propositions qui me seront faites dès maintenant (objet: JOURNEES NOVEMBRE), et des sollicitations que je ferai par téléphone et par mail, sur la base de la grille préparée avec le Directoire. L’Ecole espère que chacun fera son devoir - et non pas des histoires. De son côté, elle n’a mis en place aucun "comité scientifique" assurant un filtrage, et donnant par là même la garantie de l’Ecole. Ni filtrage, ni garantie. Donc, chacun pour soi - et Dieu pour tous, bien entendu,... sauf que l’Autre n’existe pas. Je ne dis pas qu’il faille toujours et partout faire comme ça, mais pour cette fois, le concept de ces Journées - ou plutôt, leur directeur… - veut ça.

JACQUES Borie : Un moment d’extrême étrangeté

Cher JAM, je vous envoie ci joint un petit texte en contribution au Journal des Journées ; à peine lues votre présentation et votre offre, il me parut évident et urgent d'écrire ces quelques lignes.

Cela faisait déjà quelque temps que le désir de commencer une pratique d’analyste me tracassait sous un mode encore assez névrotique : n’était-ce pas une imposture d’oser franchir ce pas ? Bref, entre doute, crainte et désir, l’oscillation ne me permettait pas de trancher clairement. C’est alors que je reçus un appel auquel je ne pus me dérober : cet homme voulait à tout prix me rencontrer parce que j’étais "lacanien", me dit-il au téléphone. J’y consentis, non sans quelque moment de recul. Cette rencontre fut un moment d’extrême étrangeté, due sans doute en premier lieu à son allure inhabituelle : sa dégaine christique (barbe hirsute, regard exalté) s’enveloppait d’un manteau plein de boue ; il m’expliqua tout de suite qu’en venant chez moi, une voie lui avait commandé de jeter son manteau dans une flaque, car il n’était point digne de se présenter proprement à notre rendez-vous. Tout de suite se présentait à moi la problématique radicale du psychotique. Bien loin de l’acte manqué du névrosé, c’était le trop de réel de la langue qui venait au premier plan, et appelait un traitement sans tarder. Il me précisa que, pour lui, le "lacanien" dont il supportait sa demande venait de ce qu’il savait de Lacan : "l’homme de la langue", selon son expression.

J’en conclus en acte que le temps n’était pas aux atermoiements et que je n’avais pas d’autre choix que de me faire le partenaire de la jouissance paradoxale de ce sujet : traiter la langue par la langue. Cela lui permis une pacification certaine, en particulier dans son rapport à ses voix.

Pour ma part, j’avais été en quelque sorte appliqué à la place de l’analyste, non sans y avoir consenti, par surprise, mais pas sans la structure . Il m’en resta une conséquence qui n’a pas cessé : si cette rencontre fut pour moi l’occasion de franchir ce pas jusqu’alors très incertain du devenir-analyste, elle orienta dès lors mes travaux en priorité sur la question du traitement des psychotiques, et du réel de la langue que cela implique.

Judith Miller : Joli pari

Mettons-nous à l’heure de la surprise, dans ces Journées, tout en sachant que la plupart des décisions sont vécues comme trop tardives. Ce n’est pas une raison pour ne pas les prendre.

Celle-ci me permet de savoir pourquoi le titre de ces Journées me gratouillait sans le chatouiller. Sans doute suis-je trop heideggerienne : le "on" tue la surprise, qui renvoie à un chemin déjà tracé.

Heureusement que Jacques Lacan a retrouvé l’esprit freudien : la notion de chemin obligé, de cursus, est celle de l’analyse dite didactique avec ses appareils de bien nécessaires et autres baudruches infatuées Voir le texte mordant des Écrits. En tirer les conséquences .

Une analyse n’est pas préprogrammée, elle réserve des surprises.

Pas de préjugés, pas d’idéal non plus. La passe n’est est pas un, ne préjuge de rien, pas même de ne pas revenir au travail d’analysant, pour une petite tranche, par ci, par là.

La question serait double, pour le moins. Qui est analysant, qui entre en analyse actuellement, et qu’est-ce qu’il peut s’y produire ? A la première, nombreuses réponses, au cas par cas. J’en décline quelques-uns, que je peux en voir (sans en rien savoir).

- Il en y en a qui croient faire une analyse, et qui n’en font pas, parce que celui qui prétend le leur permettre ne le leur permet pas. Pas d’analyse sans analyste. La question devient duriuscule : il y aurait à démontrer que l’"acte" vérifie que quelqu’un a tenu la place de l’analyste. Toujours est-il que tous ceux qui veulent faire une analyse n’ont pas la chance de rencontrer ce quelqu’un.

- Il y en a qui souffrent et qui ont le courage de ne pas s’y complaire, de se mettre au travail analytique, ils l’apprennent. Ils dégustent assurément, et dégusteront encore mais d’une autre façon, ce travail a des effets, dont je ne vois pas pourquoi les analystes rougiraient de dire qu’ils sont de guérison, étant entendu qu’en médecine qu’à avoir guéri, un malade n’en reste pas moins mortel ; l’amélioration, la satisfaction dont il s’agit, n’équivalent ni à l’ataraxie, ni à quelque "normalité", ni à une santé mentale, … ni… ni.

- Il y en a qui prennent goût à ce travail, qui leur devient indispensable, ils ont bien fait de s’y décider, parfois par nécessité structurale, parfois par faiblesse (quand ?), parfois par d’autres voies.

- D’autres considèrent à un moment qu’ils ont fini, ce peut être provisoire ou définitif, ce qui n’implique pas de mettre au travail son inconscient, en enseignant par exemple, mais il y a d’autres façons, à expliciter aussi, dont celle d’analyser les autres aussi bien.

-Il n’y en a pas qui font une analyse par pure curiosité intellectuelle, ni pour trouver leur voie professionnelle, retour à la case départ

- Il y en a qui ne se décident pas à se mettre au travail d’analysant. Ont-ils tort ? Le tort tue, comme chacun sait. Sans doute parmi ceux-là, beaucoup cèdent-ils sur leur désir. Pas tous, certains se débrouillent sans savoir comment. Ils mesurent les contingences qui le leur ont permis, les rencontres, les occasions manquées, et celles saisies,.

Si la psychanalyse est précieuse aujourd’hui, c’est d’être intempestive, de préserver des recettes, des programmes, d’apprécier l’inattendu et l’anodin, et de les accueillir sans les abraser, de toucher avec tact au plus secret, tout en en rendant compte avec justesse et par le détail singulier. Rationaliste autrement, elle demeure poétique.

Trouver les surprises, joli pari. Elles ne consolent, ni n’évitent la vanité de ce qui fait le sel de la vie, un petit rien, décisif. En quoi ?

Dominique Miller : "La mouche du coche"

Ce qui me vient en réponse à ta question du "comment", Jacques-Alain, c’est que "psychanalyste" le détermine, ce "comment".

Je m’explique. Un homme, à qui je demandais comment il était devenu architecte, me parla de la difficulté aujourd’hui de remplir une mission pour laquelle on se sent destiné. Je fus surprise : il n’évoquait pas ses études, sa formation, ni la question des ressources financières, intellectuelles, pratiques, que cela supposait. Il mettait en avant, spontanément, son engagement subjectif, le sentiment de la destinée. Son interprétation singulière de ce "métier" d’architecte associait celui-ci à une mission. Etre architecte, c’est une mission. Le "comment" dépend de son interprétation de ce que c’est qu’être un architecte.

Eh bien! Il me semble que le "comment" associé à "psychanalyste" dépend de l’interprétation très singulière que chaque psychanalyste fait de cette - je ne dirais pas "mission", et pas non plus "métier" - de cette "position". On se pose en psychanalyste avec les psychanalysants, et avec un certain regard sur la vie. Ce qui me faisait dire récemment que les psychanalystes ne dorment pas. Ils sont insomniaques. Un effet de cette position d’analyste.

Un petit mot sur mon "comment" à moi, qui a d’ailleurs à voir avec l’insomnie.

Enfant, on me reprochait de faire "la mouche du coche". C’était un leitmotiv de ma mère. Je n’étais pas à ma place, je dérangeais, on avait souvent envie de me dégager - pour le dire familièrement. Comme la mouche qui embarrasse le cocher, et l’empêche d’avancer tranquillement, de poursuivre son chemin.

"Mouche du coche" fait écho à ma "position" dans le désir de ma mère, que je dérangeais en naissant, puis en existant.

De cette position dérangeante à celle de psychanalyste, il y a la trace de ce que Lacan appelle le réel, pour moi. Une position dérangeante, mais cette fois, calculée et désirée.

Les Journées 38 ont lieu les 7 et 8 novembre prochains à Paris, au Palais des Congrès




JOURNAL DES JOURNéES

N° 1

le mardi 1er septembre 2009

 

JACQUES-ALAIN MILLER : Un nouveau concept pour les Journées 38

L’Ecole de la Cause freudienne étrennera en novembre prochain un nouveau concept de ses Journées, qui seront les 38èmes. C’est une nouveauté, et c’est une expérience, au sens d’expérimentation. C’est dire qu’on ne saurait préjuger du résultat, réussite ou ratage. Il y a risque, il n’y a pas routine. Donc, à tout le moins, on ne risque pas l’ennui.

Cependant, ce n’est pas une tentative gratuite et capricieuse, mais un essai réfléchi, et qui articule plusieurs éléments inédits.

 

Premier élément : la surprise

L’Ecole avait coutume de se livrer chaque année à une vaste et multiforme campagne de « préparation des Journées ». Partout, à Paris et dans les provinces, on voyait les ruches des ACF bourdonner d’une activité aussi enthousiaste que méthodique. D’innombrables abeilles allaient récolter leur nectar sur mille fleurs pour le rapporter à la communauté, sous l’impulsion d’une direction unique et vigilante. Des réunions dites préparatoires labouraient le thème en tous sens, creusant de profonds sillons dans la problématique. Une batterie de publications accompagnait cet effort grandiose d’apprentissage et de formation Un comité dit scientifique encadrait, jaugeait, rectifiait à l’avance les productions. Lorsque le moment des Journées arrivait, tous étaient familiers du thème, et pouvaient suivre les exposés en toute connaissance de cause. Les Journées ont ainsi été depuis près de trente ans un puissant facteur d’unification pour l’Ecole, ses membres, ses affiliés, et son public ; un vecteur, comme nous disons, polarisant les enseignements ; et l’occasion joyeuse de retrouvailles : « C’est toi, c’est moi, c’est nous, tous ensemble, et vive nous ! » L’Ecole vérifiait chaque année qu’elle ressemblait à elle-même. Un seul élément manquait, était sacrifié : la surprise. Mais au regard des bénéfices qu’apportait l’entreprise, ce n’était rien, semblait-il.

Eh bien, le moment est venu de s’apercevoir que ce rien-là vaut tout le reste. Non, il ne s’agit pas de censurer ce passé honorable auquel l’ECF doit beaucoup, mais, au contraire, de prendre appui sur ce qui a été acquis pour restituer aux Journées le caractère d’un événement. Nos Journées étaient jusqu’à présent la conclusion logique, et le point de capiton, d’un long développement continu et ordonné. Et si elles étaient désormais un temps de rupture, le moment fécond d’une soudaine production aléatoire, la collision de dits de prime-saut, prenant au dépourvu, non seulement le public, mais les orateurs eux-mêmes ? Est-ce que ça ne serait pas plus proche de ce que la méthode psychanalytique met en œuvre dans sa quête de vérité ?

Bien entendu, on perdra quelque chose dans l’opération, mais c’est ainsi, on ne gagne jamais sur tous les tableaux. Et quand on a longtemps gagné sur l’un, le taux de profit a tendance à baisser, et vient le moment où il s’annule, et où il faut spéculer sur un autre. Au moins, voilà le pari.

 

Second élément : la structure unique

Jadis, aux commencements de l’Ecole, en 1981, les Journées se déroulaient d’un bout à l’autre devant l’Ecole tout entière : il n’y avait que des « séances plénières », pas de « salles multiples ». Lors des 4èmes Journées, dont j’assurai la co-direction, je fixai le module qui est encore le nôtre pour les plénières : une heure, un président, deux interventions de 20 minutes, le dernier tiers pour la discussion. Peu après, il fallut se résoudre à introduire les salles multiples : l’Ecole avait grandi, ses membres désiraient intervenir devant leurs collègues, on ne pouvait pas discuter en plénière, on sacrifia l’unité au nombre. Mais on doit remarquer qu’aucun module ne fut jamais établi pour ces salles multiples : durées, présidences, discutants, nombre des interventions, tout fut toujours laissé aux circonstances.

De plus, comme les Journées se déroulaient invariablement au Palais des Congrès, et que l’on louait la « Salle Bleue » pour deux jours, quand c’était le moment des salles multiples, elle figurait comme l’une d’elles, alors qu’elle écrasait les autres par sa taille. Il en résultait régulièrement un joyeux désordre dans les multiples, souvent bourrées d’interventions, et parfois désertées par le public, occasion d’une certaine déception, vite tamponnée d’ailleurs par la vive affectio societatis qui reste le propre des associations du Champ freudien, et les singularise parmi les groupes psychanalytiques.

Enfin, dernier dysfonctionnement régulier, l’assistance des plénières devint si nombreuse qu’elle déborda ladite « Salle Bleue », qui ne comptait pas 900 places. La première fois, on ajouta en toute hâte une salle de télévision, puis ce devint régulier, puis on en ajouta une seconde, tout aussi régulièrement, et ce, pour loger un public qui finit par atteindre, puis dépasser, le nombre de 1 500.

Tout ce schéma d’organisation était évidemment à repenser depuis longtemps, mais la permutation des instances directives de l’Ecole, comme celle, encore plus rapide, des instances propres aux Journées, à quoi s’ajoutait la nécessité de réserver les salles plus d’un an à l’avance, fit que l’organisation resta intouchée au cours du temps - un petit quart de siècle. Et puis, reconnaissons que ça ne gênait personne : le temps écoulé avait rendu augustes ces dysfonctionnements mêmes, et le léger malaise qui pouvait néanmoins percer, le sentiment diffus d’un certain inconfort, tout cela faisait partie de l’atmosphère, de la Stimmung de ces Journées, que l’on aimait retrouver pareille à elle-même à chaque rentrée.

Directeur des 38èmes Journées, je n’imaginais pas de reconduire à l’identique ce schéma depuis longtemps obsolète. Le Directoire présidé par F.H. Freda entérina la reconfiguration que je lui présentai en novembre dernier ; la trésorière, D. Miller, sut obtenir de l’administration du Palais des Congrès l’annulation des réservations dès longtemps effectuées ; et, au prix d’un changement de date, cette administration dégagea les locaux qui permettaient de mettre en œuvre le nouveau dispositif.

En voici les trois composantes majeures :

·        le module unique : le même module vaudra pour toutes les interventions, qu’elles se déroulent en séances multiples ou plénières. C’est à savoir, je l’ai dit : 1 heure, 1 président, 2 interventions, 1 discussion ; et pas de discutant : c’est le président qui présente les deux interventions, qui les commente ensuite, et qui, en salle multiple, lance la discussion - en salle plénière, dialogue avec les intervenants. Cette découpe horaire s’impose, la même, à l’ensemble du programme, indépendamment du lieu finalement assigné à tel ou tel exposé : il y a découplage des coordonnées temporelles et spatiales, ce qui permet aux lieux de trouver leur identité propre, et quasi-tautologique, à savoir :

·        une salle plénière vraiment plénière : s’il doit y avoir des séances plénières, alors que la salle contienne tout le monde. Fini, la « Salle Bleue ». Louons une salle capable de contenir au moins 1 500 personnes ;

·        des salles multiples vraiment multiples : c’est à dire, aussi nombreuses que possible, et de tailles comparables. Donc, là encore, pas de « Salle Bleue ».

 

Il est heureux que le Palais des Congrès ait pu satisfaire, et sans surcoût, ces demandes inédites. Pas moins de huit (8) salles multiples similaires fonctionneront simultanément. Quant à la salle plénière, ce sera le Grand Auditorium situé au rez-de-chaussée, qui avait déjà accueilli la dernière grand Rencontre internationale du Champ freudien à se tenir à Paris, avant que cette série ne se divise en deux, pour donner naissance aux Rencontre latino-américaines, d’une part, et à PIPOL, d’autre part.

Les multiples seront louées pour une journée entière, et il en sera de même pour l’Auditorium. Donc, au lieu que le samedi comme le dimanche comportent plénières et multiples, pour les 38èmes Journées les choses seront tranchées : le samedi sera Le Jour des Huit Salles, le dimanche Le Jour de l’Auditorium.

Les horaires prévus étant de 10h à 13h, et de 15h à 18h, on remarquera l’énorme capacité d’absorption et de production de cette machine nouvelle : 108 interventions, et 54 présidents, formant 54 séquences formellement semblables. On voudrait un Charles Fourier pour célébrer dignement l’impeccable de cet ordre invariable, vraiment alvéolaire, qui demeure par là conforme à l’esprit « Ruche bourdonnante » de l’ECF.

Mais ce qu’il faut bien voir, c’est que, comme on le sait par le fonctionnement même d’une analyse, par le mathème du discours analytique, le maillage serré d’une structure est précisément la condition de toute surprise.

Elément 3 : j’ai maintenant à vous parler du thème - que vous connaissez, Comment on devient analyste au début du XXIème siècle. Comment l’attraper, ce Comment ? Comment fabriquer avec tout ce bataclan quelque chose qui fasse, pour nous, événement ? Comme il se fait tard, et que j’ai déjà été bien plus long que je ne croyais en commençant, je laisse ça pour demain, ou pour le 3. Après quoi, j’attendrai de recevoir des contributions, que je publierai volontiers dans ce nouveau Journal des Journées. Il paraîtra apériodiquement jusqu’au samedi 7 novembre prochain. Des contributions sur quoi ? Sur le fameux Comment, bien sûr, mais conçu de façon extensive : rien de psychanalytique ne nous est étranger, et rien de ce XXIème machin, qui est nommé dans le titre.



PIPOL 4

 

CLINIQUE ET PRAGMATIQUE DE LA DÉSINSERTION                                                                                                                 INFOS


Pipol 4 est la quatrième étape du Programme International de Psychanalyse appliquée d’Orientation Lacanienne, au niveau européen. Ce Programme ouvre un espace d’élaboration et de réponses aux manifestations du malaise dans la civilisation, et, en l’occurrence, à la désinsertion.

Lors de la Rencontre Pipol 3 à Paris, en juillet 2007, “Psychanalystes en prise directe sur le social”, un large éventail de praticiens de diverses professions relevant du champ social, de la santé mentale et de l’ éducation, tous sensibles dans leur action au discours analytique, était présent. Pipol 4 nous invite à continuer de construire de nouveaux circuits, pour que circulent plus amplement échanges et réflexions venues de pratiques, qui ont un commun souci de donner sa place à la particularité de chacun, en prenant donc à contre pied l’empire du chiffre.

Pipol 4, sous le titre “Clinique et Pragmatique de la désinsertion en psychanalyse”, invite à cerner la dimension subjective présente dans les diverses modalités de désinsertion, et les voies qui permettent à chacun, à partir de son symptôme, de trouver son inscription dans le tissu social. Si le terme “désinsertion” n’est pas nouveau, l’abord psychanalytique de la désinsertion l’est entièrement. La perspective ouverte récemment par Jacques-Alain Miller sur le dernier enseignement de Lacan, en introduisant le symptôme comme réel dans le lien social, nous permet de traiter la désinsertion comme l’un des noms du réel par excellence de notre époque. Quand il n’est pas subjectivé, il rend d’autant plus insupportables les obstacles qu’il oppose à la vie subjective, à une vie qui réponde du désir.

Notre civilisation, en réduisant le lien social à la logique du marché, offre, d’un côté, des insignes homogénéisant, et, de l’autre, induit une dépendance compulsive aux objets de consommation. Les méthodes quantificatives, en travaillant à l’uniformisation de tout un chacun dans l’anonymat, ne font qu’aggraver le problème, et dégradent le lien social. L’abord du hors-norme à partir de la clinique psychanalytique ne le fige pas en carence, mais lui reconnaît sa valeur et l’accueille.

Les parcours qui conduisent à la désinsertion sont multiples. Ils vont du refus scolaire aux nouvelles formes d’agressivité chez les jeunes, des ravages des addictions aux passages à l’acte dans les névroses et les psychoses, de diverses formes d’angoisse aux pathologies du découragement dans la mélancolie.

Il nous incombe de montrer les effets de la rencontre soit avec un psychanalyste, soit avec des travailleurs sociaux et des éducateurs orientés par la psychanalyse, attentifs au cas par cas. Il nous incombe de mettre à jour par quelles voies elle permet à chacun d’extraire un nécessaire savoir-faire avec son symptôme, pour dénouer les obstacles et les conséquences subjectives catastrophiques de la désinsertion, et nouer de nouvelles solutions, propres à la particularité de chaque un.

(traduction de Judith Miller)

PIPOL4 Barcelone 11 et 12 juillet 2009


Rencontre - Débat du samedi 7 juin 2008 au Palais Universitaire à Strasbourg
"La Psychanalyse menacée à l'Université. Demain qui seront nos psys ?"

          

              Pierre Ebtinger, Armand Zaloszyc, Serge Lesourd                          Sophie Lefebvre, Lucie Texier, Patricia Schnaidman, Armand Zaloszyc

                                                                                              

         
                                             Sophie Lefebvre                                                                                     Armand Zaloszyc


              
                    Patricia Schnaidman,   Armand Zaloszyc                                                                            Claire Siden


                                              La Salle Pasteur                                                                          Roland Sublon                           Armand Zaloszyc

          


       
                                            Myriam Mitelman                                                                                         Gabrielle Bastian
 

     
                                       Catherine Decaudin                                                                                        Jean-Pierre Galloy

  
                                              Pierre Ebtinger                                 Anne Robert, Malgorzata Stradomska, Amaury Cullard, Myriam Mitelman, Isabelle Galland

   
              Amaury Cullard, Myriam Mitelman Isabelle Galland                                                 Paul Masotta, Gabrielle Bastian, Pierre Ebtinger

     
                              Anne Robert, Malgorzata Stradomska                                                                                 Lucie Texier

      
                                 Pierre-Paul Costantini





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