JOURNÉES DE L'ECF
PARIS 7 & 8 NOVEMBRE
Les
Journées 38 ont lieu les 7 et 8 novembre prochains à Paris, au Palais des
Congrès
JOURNAL DES
JOURNÉES
N° 02
le jeudi 3 septembre 2009
JACQUES-ALAIN MILLER : Editorial
Non, ce n’est pas encore la suite que j’ai promise, sur le
thème des Journées. Je suis rentré en toute hâte à Paris pour faire l’affiche -
avec quelque six mois de retard sur le calendrier habituel, mais en deux heures
d’agitation fiévreuse à l’atelier. C’est fait. Il sera sensible que c’est autour
d’un plus-de-jouir que cette affiche a pris forme – pourquoi cacher que j’aime
l’imprimé, la typographie, la mise en page, les formes voluptueuses des lettres
? J’ai utilisé pour l’affiche la grille originale que j’avais conçue pour la
couverture de LNA-Le Nouvel Âne. Vous en recevrez l’épreuve par mail,
avec le numéro 3 de ce Journal, sous la forme électronique dite pdf. Elle sera
imprimée la semaine prochaine, et j’espère que les membres et les amis de
l’Ecole s’emploieront à la mettre sur les murs des institutions où ils exercent
: ce n’est pas fait pour être gardé entre nous. Dans ce numéro 2, j’ai placé,
par ordre d’arrivée, les trois premières réactions que j’ai reçues à la suite du
numéro 1. Je vous prie de croire que je ne les ai nullement sollicitées. Ce sont
pourtant déjà autant d’interprétations du thème des Journées. La sagesse des
nations dit qu’il ne faut pas aller plus vite que la musique. Je crois tout le
contraire : toujours aller plus vite que la musique.
Post-scriptum. D. Miller a corrigé
l’information qu’elle m’avait communiquée : ce ne sont pas huit, mais neuf
salles dont nous disposerons simultanément le samedi 7 novembre, pour le premier
jour des Journées. Si l’on y ajoute l’Auditorium du dimanche, il en résulte que
le programme comprendra jusqu’à 120 interventions, de 15 minutes chacune (20
maximum absolu), qui mobiliseront 60 présidents, soit 180 participants actifs.
Jusqu’à présent, toutes ces places sont libres, à l’exception de la première,
réservée, comme il se doit, au Président de l’Ecole, F. H. Freda. Dès lundi
prochain, je m’attellerai au travail de composer ce programme, à partir des
propositions qui me seront faites dès maintenant (objet: JOURNEES NOVEMBRE), et
des sollicitations que je ferai par téléphone et par mail, sur la base de la
grille préparée avec le Directoire. L’Ecole espère que chacun fera son devoir -
et non pas des histoires. De son côté, elle n’a mis en place aucun "comité
scientifique" assurant un filtrage, et donnant par là même la garantie de
l’Ecole. Ni filtrage, ni garantie. Donc, chacun pour soi - et Dieu pour tous,
bien entendu,... sauf que l’Autre n’existe pas. Je ne dis pas qu’il faille
toujours et partout faire comme ça, mais pour cette fois, le concept de ces
Journées - ou plutôt, leur directeur… - veut ça.
JACQUES Borie : Un moment d’extrême
étrangeté
Cher JAM, je vous envoie ci joint un petit texte en
contribution au Journal des Journées ; à peine lues votre présentation et votre
offre, il me parut évident et urgent d'écrire ces quelques lignes.
Cela faisait déjà quelque temps que le désir de commencer une
pratique d’analyste me tracassait sous un mode encore assez névrotique :
n’était-ce pas une imposture d’oser franchir ce pas ? Bref, entre doute, crainte
et désir, l’oscillation ne me permettait pas de trancher clairement. C’est alors
que je reçus un appel auquel je ne pus me dérober : cet homme voulait à tout
prix me rencontrer parce que j’étais "lacanien", me dit-il au téléphone. J’y
consentis, non sans quelque moment de recul. Cette rencontre fut un moment
d’extrême étrangeté, due sans doute en premier lieu à son allure inhabituelle :
sa dégaine christique (barbe hirsute, regard exalté) s’enveloppait d’un manteau
plein de boue ; il m’expliqua tout de suite qu’en venant chez moi, une voie lui
avait commandé de jeter son manteau dans une flaque, car il n’était point digne
de se présenter proprement à notre rendez-vous. Tout de suite se présentait à
moi la problématique radicale du psychotique. Bien loin de l’acte manqué du
névrosé, c’était le trop de réel de la langue qui venait au premier plan, et
appelait un traitement sans tarder. Il me précisa que, pour lui, le "lacanien"
dont il supportait sa demande venait de ce qu’il savait de Lacan : "l’homme de
la langue", selon son expression.
J’en conclus en acte que le temps n’était pas aux atermoiements
et que je n’avais pas d’autre choix que de me faire le partenaire de la
jouissance paradoxale de ce sujet : traiter la langue par la langue. Cela lui
permis une pacification certaine, en particulier dans son rapport à ses voix.
Pour ma part, j’avais été en quelque sorte appliqué à la place
de l’analyste, non sans y avoir consenti, par surprise, mais pas sans la
structure . Il m’en resta une conséquence qui n’a pas cessé : si cette rencontre
fut pour moi l’occasion de franchir ce pas jusqu’alors très incertain du
devenir-analyste, elle orienta dès lors mes travaux en priorité sur la question
du traitement des psychotiques, et du réel de la langue que cela implique.
Judith Miller : Joli pari
Mettons-nous à l’heure de la surprise, dans ces Journées, tout
en sachant que la plupart des décisions sont vécues comme trop tardives. Ce
n’est pas une raison pour ne pas les prendre.
Celle-ci me permet de savoir pourquoi le titre de ces Journées
me gratouillait sans le chatouiller. Sans doute suis-je trop heideggerienne : le
"on" tue la surprise, qui renvoie à un chemin déjà tracé.
Heureusement que Jacques Lacan a retrouvé l’esprit freudien :
la notion de chemin obligé, de cursus, est celle de l’analyse dite didactique
avec ses appareils de bien nécessaires et autres baudruches infatuées Voir le
texte mordant des Écrits. En tirer les conséquences .
Une analyse n’est pas préprogrammée, elle réserve des
surprises.
Pas de préjugés, pas d’idéal non plus. La passe n’est est pas
un, ne préjuge de rien, pas même de ne pas revenir au travail d’analysant, pour
une petite tranche, par ci, par là.
La question serait double, pour le moins. Qui est analysant,
qui entre en analyse actuellement, et qu’est-ce qu’il peut s’y produire ? A la
première, nombreuses réponses, au cas par cas. J’en décline quelques-uns, que je
peux en voir (sans en rien savoir).
- Il en y en a qui croient faire une analyse, et qui n’en font
pas, parce que celui qui prétend le leur permettre ne le leur permet pas. Pas
d’analyse sans analyste. La question devient duriuscule : il y aurait à
démontrer que l’"acte" vérifie que quelqu’un a tenu la place de l’analyste.
Toujours est-il que tous ceux qui veulent faire une analyse n’ont pas la chance
de rencontrer ce quelqu’un.
- Il y en a qui souffrent et qui ont le courage de ne pas s’y
complaire, de se mettre au travail analytique, ils l’apprennent. Ils dégustent
assurément, et dégusteront encore mais d’une autre façon, ce travail a des
effets, dont je ne vois pas pourquoi les analystes rougiraient de dire qu’ils
sont de guérison, étant entendu qu’en médecine qu’à avoir guéri, un malade n’en
reste pas moins mortel ; l’amélioration, la satisfaction dont il s’agit,
n’équivalent ni à l’ataraxie, ni à quelque "normalité", ni à une santé mentale,
… ni… ni.
- Il y en a qui prennent goût à ce travail, qui leur devient
indispensable, ils ont bien fait de s’y décider, parfois par nécessité
structurale, parfois par faiblesse (quand ?), parfois par d’autres voies.
- D’autres considèrent à un moment qu’ils ont fini, ce peut
être provisoire ou définitif, ce qui n’implique pas de mettre au travail son
inconscient, en enseignant par exemple, mais il y a d’autres façons, à
expliciter aussi, dont celle d’analyser les autres aussi bien.
-Il n’y en a pas qui font une analyse par pure curiosité
intellectuelle, ni pour trouver leur voie professionnelle, retour à la case
départ
- Il y en a qui ne se décident pas à se mettre au travail
d’analysant. Ont-ils tort ? Le tort tue, comme chacun sait. Sans doute parmi
ceux-là, beaucoup cèdent-ils sur leur désir. Pas tous, certains se débrouillent
sans savoir comment. Ils mesurent les contingences qui le leur ont permis, les
rencontres, les occasions manquées, et celles saisies,.
Si la psychanalyse est précieuse aujourd’hui, c’est d’être
intempestive, de préserver des recettes, des programmes, d’apprécier l’inattendu
et l’anodin, et de les accueillir sans les abraser, de toucher avec tact au plus
secret, tout en en rendant compte avec justesse et par le détail singulier.
Rationaliste autrement, elle demeure poétique.
Trouver les surprises, joli pari. Elles ne consolent, ni
n’évitent la vanité de ce qui fait le sel de la vie, un petit rien, décisif. En
quoi ?
Dominique Miller : "La mouche du coche"
Ce qui me vient en réponse à ta question du "comment",
Jacques-Alain, c’est que "psychanalyste" le détermine, ce "comment".
Je m’explique. Un homme, à qui je demandais comment il était
devenu architecte, me parla de la difficulté aujourd’hui de remplir une mission
pour laquelle on se sent destiné. Je fus surprise : il n’évoquait pas ses
études, sa formation, ni la question des ressources financières,
intellectuelles, pratiques, que cela supposait. Il mettait en avant,
spontanément, son engagement subjectif, le sentiment de la destinée. Son
interprétation singulière de ce "métier" d’architecte associait celui-ci à une
mission. Etre architecte, c’est une mission. Le "comment" dépend de son
interprétation de ce que c’est qu’être un architecte.
Eh bien! Il me semble que le "comment" associé à
"psychanalyste" dépend de l’interprétation très singulière que chaque
psychanalyste fait de cette - je ne dirais pas "mission", et pas non plus
"métier" - de cette "position". On se pose en psychanalyste avec les
psychanalysants, et avec un certain regard sur la vie. Ce qui me faisait dire
récemment que les psychanalystes ne dorment pas. Ils sont insomniaques. Un effet
de cette position d’analyste.
Un petit mot sur mon "comment" à moi, qui a d’ailleurs à voir
avec l’insomnie.
Enfant, on me reprochait de faire "la mouche du coche". C’était
un leitmotiv de ma mère. Je n’étais pas à ma place, je dérangeais, on avait
souvent envie de me dégager - pour le dire familièrement. Comme la mouche qui
embarrasse le cocher, et l’empêche d’avancer tranquillement, de poursuivre son
chemin.
"Mouche du coche" fait écho à ma "position" dans le désir de ma
mère, que je dérangeais en naissant, puis en existant.
De cette position dérangeante à celle de psychanalyste, il y a
la trace de ce que Lacan appelle le réel, pour moi. Une position dérangeante,
mais cette fois, calculée et désirée.
Les Journées 38 ont lieu les 7 et 8 novembre prochains à Paris,
au Palais des Congrès
JOURNAL
DES JOURNéES
N°
1
le
mardi 1er septembre 2009
JACQUES-ALAIN
MILLER : Un nouveau concept pour les
Journées 38
L’Ecole
de la Cause freudienne étrennera en novembre prochain un nouveau concept de ses
Journées, qui seront les 38èmes. C’est une nouveauté, et c’est une expérience,
au sens d’expérimentation. C’est dire qu’on ne saurait préjuger du résultat,
réussite ou ratage. Il y a risque, il n’y a pas routine. Donc, à tout le moins,
on ne risque pas l’ennui.
Cependant, ce n’est pas une tentative
gratuite et capricieuse, mais un essai réfléchi, et qui articule plusieurs
éléments inédits.
Premier
élément : la surprise
L’Ecole
avait coutume de se livrer chaque année à une vaste et multiforme campagne de
« préparation des Journées ». Partout, à Paris et dans les provinces, on voyait
les ruches des ACF bourdonner d’une activité aussi enthousiaste que méthodique.
D’innombrables abeilles allaient récolter leur nectar sur mille fleurs pour le
rapporter à la communauté, sous l’impulsion d’une direction unique et vigilante.
Des réunions dites préparatoires labouraient le thème en tous sens, creusant de
profonds sillons dans la problématique. Une batterie de publications
accompagnait cet effort grandiose d’apprentissage et de formation Un comité dit
scientifique encadrait, jaugeait, rectifiait à l’avance les productions. Lorsque
le moment des Journées arrivait, tous étaient familiers du thème, et pouvaient
suivre les exposés en toute connaissance de cause. Les Journées ont ainsi été
depuis près de trente ans un puissant facteur d’unification pour l’Ecole, ses
membres, ses affiliés, et son public ; un vecteur, comme nous disons, polarisant
les enseignements ; et l’occasion joyeuse de retrouvailles : « C’est toi, c’est moi, c’est nous, tous ensemble, et
vive nous ! » L’Ecole vérifiait chaque année qu’elle ressemblait à
elle-même. Un seul élément manquait, était sacrifié : la surprise. Mais au
regard des bénéfices qu’apportait l’entreprise, ce n’était rien,
semblait-il.
Eh bien, le moment est venu de
s’apercevoir que ce rien-là vaut tout le reste. Non, il ne s’agit pas de
censurer ce passé honorable auquel l’ECF doit beaucoup, mais, au contraire, de
prendre appui sur ce qui a été acquis pour restituer aux Journées le caractère
d’un événement. Nos Journées étaient jusqu’à présent la conclusion logique, et
le point de capiton, d’un long développement continu et ordonné. Et si elles
étaient désormais un temps de rupture, le moment fécond d’une soudaine
production aléatoire, la collision de dits de prime-saut, prenant au dépourvu, non seulement le public,
mais les orateurs eux-mêmes ? Est-ce que ça ne serait pas plus proche de ce que
la méthode psychanalytique met en œuvre dans sa quête de vérité ?
Bien entendu, on perdra quelque chose
dans l’opération, mais c’est ainsi, on ne gagne jamais sur tous les tableaux. Et
quand on a longtemps gagné sur l’un, le taux de profit a tendance à baisser, et
vient le moment où il s’annule, et où il faut spéculer sur un autre. Au moins,
voilà le pari.
Second
élément : la structure unique
Jadis,
aux commencements de l’Ecole, en 1981, les Journées se déroulaient d’un bout à
l’autre devant l’Ecole tout entière : il n’y avait que des « séances
plénières », pas de « salles multiples ». Lors des 4èmes Journées, dont
j’assurai la co-direction, je fixai le module qui est
encore le nôtre pour les plénières : une heure, un président, deux interventions
de 20 minutes, le dernier tiers pour la discussion. Peu après, il fallut se
résoudre à introduire les salles multiples : l’Ecole avait grandi, ses membres
désiraient intervenir devant leurs collègues, on ne pouvait pas discuter en
plénière, on sacrifia l’unité au nombre. Mais on doit remarquer qu’aucun module
ne fut jamais établi pour ces salles multiples : durées, présidences, discutants, nombre des interventions, tout fut toujours
laissé aux circonstances.
De plus, comme les Journées se
déroulaient invariablement au Palais des Congrès, et que l’on louait la « Salle
Bleue » pour deux jours, quand c’était le moment des salles multiples, elle
figurait comme l’une d’elles, alors qu’elle écrasait les autres par sa taille.
Il en résultait régulièrement un joyeux désordre dans les multiples, souvent
bourrées d’interventions, et parfois désertées par le public, occasion d’une
certaine déception, vite tamponnée d’ailleurs par la vive affectio societatis qui reste le propre
des associations du Champ freudien, et les singularise parmi les groupes
psychanalytiques.
Enfin, dernier dysfonctionnement
régulier, l’assistance des plénières devint si nombreuse qu’elle déborda ladite
« Salle Bleue », qui ne comptait pas 900 places. La première fois, on ajouta en
toute hâte une salle de télévision, puis ce devint régulier, puis on en ajouta
une seconde, tout aussi régulièrement, et ce, pour loger un public qui finit par
atteindre, puis dépasser, le nombre de 1 500.
Tout ce schéma d’organisation était
évidemment à repenser depuis longtemps, mais la permutation des instances
directives de l’Ecole, comme celle, encore plus rapide, des instances propres
aux Journées, à quoi s’ajoutait la nécessité de réserver les salles plus d’un an
à l’avance, fit que l’organisation resta intouchée au cours du temps - un petit
quart de siècle. Et puis, reconnaissons que ça ne gênait personne : le temps
écoulé avait rendu augustes ces dysfonctionnements mêmes, et le léger malaise
qui pouvait néanmoins percer, le sentiment diffus d’un certain inconfort, tout
cela faisait partie de l’atmosphère, de la Stimmung de ces Journées, que l’on
aimait retrouver pareille à elle-même à chaque
rentrée.
Directeur des 38èmes Journées, je
n’imaginais pas de reconduire à l’identique ce schéma depuis longtemps obsolète.
Le Directoire présidé par F.H. Freda entérina la reconfiguration que je lui
présentai en novembre dernier ; la trésorière, D. Miller, sut obtenir de
l’administration du Palais des Congrès l’annulation des réservations dès
longtemps effectuées ; et, au prix d’un changement de date, cette administration
dégagea les locaux qui permettaient de mettre en œuvre le nouveau
dispositif.
En voici
les trois composantes majeures :
·
le module
unique : le même module vaudra
pour toutes les interventions, qu’elles se déroulent en séances multiples ou
plénières. C’est à savoir, je l’ai dit : 1 heure, 1 président, 2 interventions,
1 discussion ; et pas de discutant : c’est le président qui présente les deux
interventions, qui les commente ensuite, et qui, en salle multiple, lance la
discussion - en salle plénière, dialogue avec les intervenants. Cette découpe
horaire s’impose, la même, à l’ensemble du programme, indépendamment du lieu
finalement assigné à tel ou tel exposé : il y a découplage des coordonnées
temporelles et spatiales, ce qui permet aux lieux de trouver leur identité
propre, et quasi-tautologique, à savoir :
·
une salle plénière
vraiment plénière : s’il doit y avoir des
séances plénières, alors que la salle contienne tout le monde. Fini, la « Salle
Bleue ». Louons une salle capable de contenir au moins 1 500 personnes ;
·
des salles multiples
vraiment multiples : c’est à dire, aussi
nombreuses que possible, et de tailles comparables. Donc, là encore, pas de
« Salle Bleue ».
Il est heureux que le Palais des
Congrès ait pu satisfaire, et sans surcoût, ces demandes inédites. Pas moins de
huit (8) salles multiples similaires fonctionneront simultanément. Quant à la
salle plénière, ce sera le Grand Auditorium situé au rez-de-chaussée, qui avait
déjà accueilli la dernière grand Rencontre internationale du Champ freudien à se
tenir à Paris, avant que cette série ne se divise en deux, pour donner naissance
aux Rencontre latino-américaines, d’une part, et à PIPOL, d’autre part.
Les multiples seront louées pour une
journée entière, et il en sera de même pour l’Auditorium. Donc, au lieu que le
samedi comme le dimanche comportent plénières et multiples, pour les 38èmes
Journées les choses seront tranchées : le samedi sera Le Jour des Huit Salles, le dimanche
Le Jour de
l’Auditorium.
Les horaires prévus étant de 10h à
13h, et de 15h à 18h, on remarquera l’énorme capacité d’absorption et de
production de cette machine nouvelle : 108 interventions, et 54 présidents,
formant 54 séquences formellement semblables. On voudrait un Charles Fourier
pour célébrer dignement l’impeccable de cet ordre invariable, vraiment
alvéolaire, qui demeure par là conforme à l’esprit « Ruche bourdonnante » de
l’ECF.
Mais ce qu’il faut bien voir, c’est
que, comme on le sait par le fonctionnement même d’une analyse, par le mathème
du discours analytique, le maillage serré d’une structure est précisément la
condition de toute surprise.
Elément 3 : j’ai maintenant à vous
parler du thème - que vous connaissez, Comment on devient analyste au début du XXIème
siècle. Comment l’attraper, ce Comment ? Comment fabriquer avec tout ce
bataclan quelque chose qui fasse, pour nous, événement ? Comme il se fait tard,
et que j’ai déjà été bien plus long que je ne croyais en commençant, je laisse
ça pour demain, ou pour le 3. Après quoi, j’attendrai de recevoir des
contributions, que je publierai volontiers dans ce nouveau Journal des Journées. Il paraîtra apériodiquement jusqu’au samedi 7 novembre prochain. Des
contributions sur quoi ? Sur le fameux Comment, bien sûr, mais conçu de façon
extensive : rien de psychanalytique ne nous est étranger, et rien de ce XXIème
machin, qui est nommé dans le titre.